Quand la vie ne suit pas le plan
Apprendre à faire confiance à son rythme intérieur
Peut-être que toi aussi, tu as déjà eu cette sensation, celle d’être en retard. Pas forcément sur quelque chose de précis, mais sur ta propre vie.
Pendant longtemps, j’ai cru que c’était mon cas, que j’étais en retard sur mes objectifs.
En retard sur la version de moi que j’avais imaginée, sur ce que la vie aurait dû m’offrir à ce moment précis.
Cette sensation est plus répandue qu’on ne le croit; beaucoup de personnes engagées dans une démarche de développement personnel finissent par ressentir une pression silencieuse: celle de devoir évoluer vite, bien, et dans le bon ordre.
Depuis 2022, année où j’ai vécu ma plus grande transformation, je crée mon vision board pour l’année à venir, comme un guide, une direction que je souhaite prendre: des intentions claires, des échéances rassurantes, une trajectoire qui, sur le papier, paraît logique. Tout semble cohérent, presque maîtrisable.
Et pourtant, la vie ne se déroule pas toujours comme prévu.
Avec le recul, je comprends aujourd’hui une chose essentielle: la vie ne nous donne pas ce que nous voulons selon notre calendrier. Elle nous donne ce que nous sommes prêts à recevoir, au rythme que notre corps peut réellement intégrer.
Ralentir sans culpabiliser : quand le corps demande autre chose
Il y a eu des périodes où j’ai sincèrement cru avoir échoué.
Pas parce que rien n’avance, mais parce que tout avance autrement, surtout dans une réalité où l’on pense et l’on prend des décisions à deux, en couple.
Cette année, je n’ai pas accompli tout ce que j’avais planifié.
Et plus je me demandais d’aller vite (et bien), plus quelque chose en moi résistait, m’étouffait et, à petit feu, m’épuisait.
Depuis toujours, j’aime quand tout va vite, quand je sens que j’avance, que j’accomplis des choses, quand je vois ma to-do list s’estomper (qui, ironiquement, ne diminue jamais réellement, puisque j’y ajoute constamment de nouveaux éléments)... le combat, finalement, sans fin, de l’impatient.e qui veut vivre intensément.
On entend souvent, et de plus en plus, que “moins est plus”, et l’on revient tout doucement à un mode de vie où l’on s’entend réfléchir, respirer et tout simplement vivre.
Ralentir pour avancer plus vite?
Comment y croire quand on a passé presque une vie entière à être en compétition de vitesse avec son environnement, soi-même, avec le temps.
Mon cerveau n’était pas apte ni prêt à assimiler ce mode de fonctionnement et encore moins à l’appliquer.
L’âge. La saison. La conjoncture. Les défis. L’environnement?
Je ne suis pas certaine de connaître la raison profonde de ce besoin qui m’anime aujourd’hui, pourtant il est bel et bien présent et semble plus juste que jamais.
Alors ralentir m’a d’abord donné l’impression de perdre du temps, comme si lever le pied signifiait renoncer, m’abandonner (encore).
Puis, quelque chose s’est adouci: j’ai réalisé que ne pas atteindre certains objectifs dans le temps que j’avais initialement défini ne signifiait pas que j’avais échoué. Cela signifie simplement que certaines choses demandent plus de temps, ou que je ne suis pas encore prête à les accueillir.
Dans cet espace plus lent et souvent inconfortable, des ajustements silencieux ont commencé à se faire; pas dans mes projets, mais dans ma manière de vivre, de décider, de me traiter. Dans ma manière de percevoir ce grand voyage que l’on appelle “la vie”, aussi.
Le changement ne commence pas dans la tête, mais dans le système nerveux
On associe souvent le changement à la volonté, à la discipline, à la motivation.
Mais une vérité revient de plus en plus dans les approches modernes du développement personnel: le changement durable commence majoritairement dans le corps, et plus particulièrement au cœur de notre système nerveux.
En réalité, il ne répond pas à ce que nous voulons, mais à ce qui lui semble sûr, soutenable, et suffisamment doux pour s’ancrer dans le temps.
J’ai longtemps pensé que j’avais besoin de plus de structure, de plus de pression, de plus de contrôle pour avancer, quand ce dont j’avais besoin, c’était de sécurité intérieure. Moins de force, plus de confiance. Moins de tension, plus d’écoute.
Avec le temps, j’ai compris qu’il existait un ordre plus juste. Un ordre qui respecte le vivant, et surtout le corps.
On parle beaucoup de reprogrammation neuronale, de pensées à changer, de nouveaux récits à adopter et je suis absolument d’accord que l’on peut changer notre réalité en changeant nos pensées. Mais tant que le corps ne se sent pas en sécurité, rien ne s’ancre vraiment, on avance, puis on recule, puis on se décourage.
Le système nerveux a d’abord besoin de sentir qu’il n’y a pas de danger. De sortir des états de survie, d’hypervigilance, de contrôle permanent. Sans cette sécurité de base, le cerveau n’intègre pas. Il compense.
À ce stade, vouloir penser différemment revient souvent à forcer, à sur-adapter, à créer une illusion de progrès. Ce n’est pas une transformation, c’est une gestion.
Or quand le corps se régule, le cerveau retrouve de l’espace. Le cortex préfrontal redevient disponible. L’apprentissage peut commencer. Les nouvelles pensées s’ancrent. La visualisation, les intentions, les répétitions prennent enfin racine.
À ce moment-là, le mental ne lutte plus contre le corps, il collabore avec lui.
C’est peut-être là, la phrase la plus juste que l’on puisse dire: on ne change pas sa réalité en pensant simplement différemment, tant que le corps ne se sent pas en sécurité, on la change quand la sécurité permet au cerveau d’apprendre autrement.
Ou, plus simplement : la régulation ouvre la porte, la cognition construit la maison.
Et c’est précisément pour cela que tant de discours “mindset” laissent un goût d’inachevé. Ils sautent cette première étape essentielle. On se retrouve alors avec des personnes épuisées mais “positives”, des intentions claires dans un corps figé, sans mouvement réel.
L’ordre inverse est plus juste, plus vivable, plus respectueux, plus durable.
Ce n’est pas moins ambitieux, c’est simplement plus intelligent biologiquement.
Choisir la présence plutôt que la pression
Aujourd’hui, mes intentions sont plus calmes, mais profondément enracinées.
Petit à petit, je choisis davantage la présence plutôt que la pression, le respect de mon rythme intérieur plutôt que la comparaison, la confiance plutôt que la lutte. Je choisis de m’entourer de personnes qui me ressemblent énergétiquement. De faire confiance à mon intuition, même quand mon mental n’a pas encore les réponses. De me détacher des timelines, des résultats, du besoin de prouver constamment que je suis assez bien pour vivre.
D’avancer, mais sans me brusquer.
Il n’a jamais été question de devenir quelqu’un d’autre, et il n’y a pas de “nouvelle version” à atteindre. Il s’agit simplement d’autoriser plus de moi à exister, pleinement, honnêtement, sans comparaison extérieure.
La vraie croissance personnelle n’est pas une course
La vraie magie de la vie ne réside pas dans les grands tournants spectaculaires.
Elle se trouve dans les ajustements constants, dans la capacité à regarder en arrière, à regarder devant, et à créer du sens à partir de ce qui est là, maintenant.
Prendre un tournant demande du courage, et nous demande de nous regarder en face.
Mais nous avons toujours cette possibilité, et surtout cette merveilleuse chance, de faire une pause, revenir à soi, changer de direction, une décision à la fois, celles qui sonnent juste, maintenant.
Parce que ta vie n’a jamais été faite pour être mesurée au rythme ou au chemin de quelqu’un d’autre. Et parce que parfois, grandir, ce n’est pas pousser plus fort, c’est créer assez de sécurité pour que la vie puisse enfin circuler à travers nous.
Chaque parcours est unique et, par définition, différent.
La seule personne avec qui il est juste de se comparer, que ce soit au niveau du rythme ou du contenu, c’est avec soi-même, c’est notre seul vrai, seul point d’ancrage.
Clé de coaching : Revenir dans son corps, en douceur
Je t’offre ici un outil simple, mais puissant, pour trouver ton rythme, ta vitesse de croisière:
✨ Avant une décision, un projet ou une action, pose-toi ces trois questions:
Mon corps se détend-t-il ou se crispe-t-il quand j’y pense ?
(sans analyser, il suffit de ressentir - pour cela, pose une main sur ton ventre et une sur ton plexus / ton coeur, et écoute ton corps, il te parlera)Si je ralentis, que se passe-t-il dans mon corps ? Est-ce-que je m’apaise ou est-ce-que je ressens de l’inconfort physique ou mental ?
Il y a peut-être là une blessure ou un message contraignant à aller décrypter.Est-ce que j’avance par envie, par passion, par conviction, ou pour ne pas me sentir “en retard” ?
Si ralentir apporte plus d’espace, de respiration ou de douceur, ce n’est pas un recul, c’est souvent un réalignement et tu as le devoir de te l’offrir !